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Mot du rédac'chef - KB n° 723

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| 13 Juillet 2010 | 8531 vues
La somme du courage

Étrangère en rien à ce qui donne du poids et un sens à l'action de l'armée de Terre, la Légion ne l'est pas non plus à la "règle du contrat" : risquer sa vie, avoir le danger en perspective, là où le métier se vit en dimension réelle. La règle s'applique, implacable, désormais à chacun de nos hommes, dans chacune de nos opérations, et impose de vivre au coeur de l'action davantage exposé. L'actualité récente l'a montré : "la règle du contrat" n'épargne personne.

Elle rappelle brutalement, peut être autant au grand public qu'aux plus jeunes d'entre nous, que l'état de soldat comporte des exigences et des acceptations. Et qu'être engagé dans un environnement toujours plus difficile, fait d'incertitudes et jalonné de dangers, est fatalement assorti d'un prix à payer, qui semble toujours trop élevé. Cet état de vie à risques ne s'admet qu'avec une force de conviction solide, des fondamentaux acquis, éléments caractéristiques de la somme du courage constituant l'état de soldat.

Les légionnaires, volontaires par nature, dont l'attachement à l'Institution est au carrefour du désintéressement, de l'obéissance et d'un sentiment d'appartenance élevé, ont pris la mesure de ces exigences et acceptations, dès leur engagement.

Ils acceptent aussi le paradoxe de rester toujours du "bon côté et en sécurité" de la ligne à ne pas franchir, tout en prenant et courant des grands risques, et celui, entre autres, de perdre la vie. Parce que "dans les situations difficiles, la solution la plus courageuse est souvent la meilleure" (Thucydide) et que le courage du soldat, aujourd'hui, côtoie le danger au plus près.

Bonne lecture à tous,

Le chef de bataillon Bertrand MOREL

Crédit photo: Dominique DHE / SIRPA Terre