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Mot du rédac'chef - KB n° 714

Seule unité de Légion étrangère à porter une appellation du genre féminin, la 13 n'en est pas moins une "drôle de dame", particulière dès sa naissance et originale dans son histoire.

Unité créée pour les besoins de l'opération, elle résulte d'un amalgame de "Bel-Abbésiens" du Dépôt commun et du 1er REI et de "Marocains" des 2e, 3e et 4e REI. Une savante alchimie d'africains qui se préparent à intervenir au-delà du cercle polaire. Particulière, elle l'est aussi, dès sa conception, dans sa tenue, qui s'orne d'un couvre-chef inattendu : la 13e DBMLE porte le béret des troupes de la Ligne Maginot, en place du képi blanc ! Le chef de corps en a décidé ainsi, pour distinguer les légionnaires des Chasseurs, lors de la campagne de Norvège. Prenant ensuite une place particulière dans l'organigramme des forces, elle ne vit pas la drôle de guerre l'arme au pied mais est engagée immédiatement au combat, qui est aussi son baptême du feu. Douloureusement particulière, enfin, elle le devient en Angleterre, où la demi-brigade se déchire entre Français libres et volontaires au retour en AFN. Chacune de ses particularités principales vont être exacerbées par l'épreuve de cinq ans de guerre et par l'exil.

L'originalité de son histoire fait de la 13 une unité atypique, en perpétuelle recherche d'adaptation. Elle s'adapte à un recrutement coupé de la Maison mère et guidé par les circonstances, les difficultés ou les opportunités. La Demi-brigade démontre dans ce domaine une très forte capacité d'agrégation. Résolument inventive, elle s'accommode des origines et qualités diverses des matériels qu'on lui octroie : reliquats de stocks français, armes et engins britanniques, armement américains. De ces expérimentations, elle sait en tirer tous les applications tactiques (la mobilité par les Jocks columns, la puissance de feu par les dotations américaines) et les met opportunément à sa main. Les modifications, parfois profondes de ses structures (bataillonnaires, entre autres), les réorganisations régulières que l'unité subit l'amènent à adapter elle-même sa doctrine d'emploi, en fonction de chacun des théâtres d'engagement, notamment durant la Seconde Guerre mondiale.

La 13e DBLE, en souplesse, a toujours su s'adapter, conserver son originalité et ses traits de caractère particuliers. Sa configuration, entièrement interarmes et novatrice aujourd'hui atteste de l'esprit de modernité qu'elle cultive encore, More Majorum...

Nous l'avons déjà tous entendu partout dix mille fois, comme un leitmotiv : "Je fais mon travail et que mon travail". Quand cette phrase est saisie à la volée, dans un couloir anonyme, elle revêt presque quelque chose de faussement rassurant, sur le coup : au moins, il "bosse", se dit-on. Mais, très vite, elle sonne plutôt de manière inquiétante !

Que son travail ?

Parce qu'il est si bien décrit qu'on le fait de manière mécanique ? Et que l'on déroulela petite fiche de tâches qui ressemble à une vraie fiche d'habitudes, où chaque alinéaest devenu une station plus éventuelle qu'obligatoire. Le travail ne serait doncqu'une suite de petites actions bien énoncées, restrictives, donc confortables ?

Ou alors parce que cette appellation en exclut toute aventure, tout effort, qui à vraidire font peur ? On est bien loin de la vérité légionnaire, du culte et du goût transmisdu travail bien fait, qui, lui, n'est absolument pas limité, sans pour autant êtreune entreprise abrutissante.

Que son travail ?

Alors que notre quotidien fourmille plutôt d'exemples de belles ouvrages, souvent relevant de petits gradés, qui ne comptent ni leur temps ni leur peine, et qui ont la satisfaction de tourner le dos à la sécurité du confort. A des lieux du "labeur mercenaire de l'horloge", les yeux rivés sur les aiguilles.

Finalement, ce sont bien eux qui de notre label, sont les meilleurs ambassadeurs. Il suffit d'entendre de quoi certains chefs d'entreprise s'émerveillent, lorsqu'ils parlent d'éducation à la bonne exécution du travail, s'agissant d'anciens légionnaires à qui ils ont proposé un emploi.

Par souci d'excellence ou tout bonnement et plus fréquemment par fierté de ce qu'ilréalise, le légionnaire ne se contente pas de faire "que son travail", ou alors, si nousen doutons, c'est que nous ne savons plus voir la vraie manière dont se manifestesa loyauté.

Bonne lecture à tous.
CBA MOREL


Bonne lecture à tous,

Le chef de bataillon Bertrand MOREL

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